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Nathalie Mathieu

Nathalie Mathieu est diplomée praticienne naturopathe vitaliste par l’école Dargère Univers. Elle est passionnée par la vie sous toutes ses formes, et plus précisément par la santé naturelle. Dans ses billets de blog, elle vous propose ses réflexions personnelles et des brins de son expérience sur ces sujets, et serait ravie de pouvoir échanger avec vous. Si au passage, cela contribue à améliorer votre bien-être au quotidien…

Aujourd’hui, je vous emmène dans la salle de bains. Avez-vous déjà pris la peine de lire les étiquettes sur les produits cosmétiques que vous utilisez ? Lecture aride mais édifiante ; de nombreux produits chimiques y figurent, qui ne sont pas anodins pour notre santé. Et si nous réfléchissions aux besoins du corps en matière de beauté, et aux meilleures façons d’y répondre en prenant soin de sa vitalité ?

1 – Cosmétiques et chimie

Les dangers liés aux cosmétiques classiques sont aussi nombreux que leurs composants chimiques. En voici quelques exemples tirés d’une étude de Que choisir (1), qui précise pour chaque produit ou famille de produits son usage et ses effets indésirables :

  • parabènes : conservateurs et perturbateurs endocriniens ;
  • éthylhéxyl méthoxicinnamate: filtre anti-UV et perturbateur endocrinien ;
  • triclosan : antibactérien et perturbateur endocrinien ;
  • phénoxyéthanol : conservateur et toxique pour le sang et le foie.

De plus, si depuis le 1er janvier 2020, l’additif E171 (ou dioxyde de titane) est interdit dans les denrées alimentaires, il ne l’est pas toujours pas dans les cosmétiques, où on le trouve notamment sous forme de nanoparticules… bien qu’il soit fortement soupçonné d’être cancérigène.

Les composants cancérigènes, perturbateurs endocriniens, irritants ou « tout simplement » toxiques sont légion. «Plus de 60 % des cosmétiques conventionnels contiennent de potentiels perturbateurs endocriniens comme le triclosan, l’EDTA et certains parabènes»(2).

Même les produits bios ne sont pas exempts de produits nocifs, notamment l’alcool (3).

Pour ma part, je m’interroge sur le rôle joué par tous ces produits chimiques dans les nombreux problèmes de peau rencontrés par de plus en plus de gens, de l’eczéma et du psoriasis jusqu’au cancer de la peau, en passant par l’acné et les innombrables inflammations cutanées (dermites). Sans compter leur rôle sur l’ensemble de l’organisme (pas seulement la peau)

2 – Les besoins de la peau

a. La peau est un émonctoire

La peau est un des quatre émonctoires (portes de sortie de l’organisme) principaux que nous avons tous, avec les poumons, les reins et les intestins (et le vagin, par où s’écoulent les règles, émonctoire supplémentaire des femmes). Elle peut venir prendre le relais des deux émonctoires principaux (reins et intestins) s’ils sont débordés. La peau est équivalente à trois reins, soit une fois et demie le système rénal.

La peau est autonettoyante par le processus de kératinisation. Il s’agit du rejet des résidus et déchets internes. Ceux-ci remontent vers la couche cornée, qui est la plus extérieure de l’épiderme, et donc en contact avec l’air. Les résidus sont rejetés à l’extérieur sous forme de peaux mortes. Les éruptions cutanées ont toujours une cause interne ; cela dit, l’usage de produits cosmétiques inappropriés peut aggraver la situation en « bouchant » cette porte de sortie.

b. La peau est une porte d’entrée dans l’organisme

Ce qui est moins connu, c’est que les échanges se font dans les deux sens : la peau est aussi une porte d’entrée dans le corps, pour l’air (nous respirons aussi avec la peau), et pour tout ce que nous pouvons « tartiner » dessus…

De plus, la peau (hypoderme et derme, les deux couches sous l’épiderme) est richement vascularisée (sang et lymphe). Ce qu’on se met sur la peau pénètre donc rapidement dans la circulation sanguine, sans être passé par le système digestif. Or, le système digestif filtre ce qui passe par lui au niveau de l’intestin grêle (une partie du bol alimentaire part vers le côlon pour élimination et n’arrive jamais dans le sang, donc elle n’arrive jamais dans le milieu intérieur).

Quelle conclusion en tirer ?

Il faudrait pouvoir manger tout ce qu’on se met sur la peau (incluant le cuir chevelu, c’est à dire le shampooing) et dans la bouche (dentifrice), car cela va ensuite directement dans tout l’organisme par la circulation sanguine…sans aucun filtre. Cela permet donc à des produits toxiques d’accéder à notre sang, et ensuite, à l’ensemble de notre milieu intérieur.

c. De quoi la peau a-t-elle besoin ?

Pour être en forme, les cellules de la peau ont les mêmes besoins que celles de tout le corps : une nourriture et une eau de qualité, de l’oxygène et éliminer ses déchets. L’hygiène de vie globale sera donc déterminante.

Une peau en bonne santé a un pH légèrement acide, autour de 6. Cette acidité empêche les microbes de la flore cutanée de proliférer et de pénétrer dans l’organisme, ce qu’ils peuvent faire si le pH de la peau devient alcalin (pH supérieur à 7).

Or, beaucoup de produits nettoyants (gels douche, savons, etc.) sont alcalins et enlèvent le film hydrolipidique de la peau (appelé également « manteau acide » ; c’est un mélange de sueur et de sécrétions sébacées) qui maintient cette légère acidité. Ce faisant, ils facilitent la pénétration dans l’organisme de certains microbes potentiellement pathogènes, comme des streptocoques et des staphylocoques (4). A moins d’avoir une peau sèche, caractérisée par un pH très acide, mieux vaut donc privilégier des produits de soin légèrement acides, et qui préservent le film hydrolipidique de la peau.

3 – Comment prendre soin de soi de façon naturelle

Pour prendre soin de sa peau, de ses ongles et de ses cheveux, c’est essentiellement l’hygiène de vie qui est à privilégier (alimentation, sommeil, exercice physique, soleil, relations, etc.). Peu de produits sont vraiment nécessaires et ils peuvent tous être faits maison, ce qui est à la fois économique, écologique et bon pour la santé. Les ingrédients pour les fabriquer vous-même sont en grande partie dans votre cuisine !

a. Prendre soin de ses cheveux 

Pour laver ses cheveux, les shampooings aussi chimiques que sophistiqués sont inutiles, voire contre-productifs : certains stimulent les sécrétions sébacées, ce qui vous incitera à les laver plus souvent. Inutile de préciser qui est gagnant dans l’affaire. Un indice : ce ne sont pas vos cheveux ! 😉

Il est recommandé, avant de tenter le « shampooing » que je vais vous proposer, d’espacer les lavages : si vous les lavez tous les jours, commencez à les laver 1 jour sur 2, puis 1 jour sur 3, etc. pour arriver à une fois par semaine ou moins. Ce n’est pas incompatible avec la pratique d’un sport plusieurs fois par semaine : les jours où vous ne les lavez pas avec un produit, que ce soit avec un shampooing ou la mixture proposée ci-dessous, vous pouvez les rincer à l’eau chaude sous la douche, et même terminer par de l’eau froide vinaigrée si vous le souhaitez : brillance assurée !

Un mélange de farine de pois chiches et d’eau fait tout aussi bien l’affaire que les shampooings les plus sophistiqués. Ajouter un peu de bicarbonate de soude alimentaire si vos cheveux sont gras, un peu d’huile végétale de bonne qualité (ex. : olive ou sésame) s’ils sont secs. Mélanger le tout pour lui donner une consistance de pâte à crêpes. Aussi bien pour le bicarbonate que pour l’huile, c’est à vous de trouver par tâtonnements la quantité appropriée, qui peut varier en fonction du degré de sécheresse, de la longueur des cheveux, etc. Vous avez peu de risque de vous tromper en commençant par de petites quantités, et en augmentant progressivement si vous le souhaitez, jusqu’à trouver la quantité idéale. Appliquer ce mélange sur cheveux mouillés avant de laver le reste du corps. Rincer à l’eau chaude, puis froide, et terminer par un rinçage à l’eau vinaigrée (vinaigre d’alcool ou de cidre) à température ambiante.

La pâte ne mousse pas, c’est normal, il n’y a pas de tensioactifs. Mais vos cheveux seront propres et brillants. Pour ceux qui veulent aller plus loin, je vous invite chaleureusement à consulter le témoignage d’Ophélie Véron : https://antigone21.com/2013/10/23/le-jour-ou-jai-arrete-de-me-laver-les-cheveux/

b. Se laver

Pour ma part, le dernier produit cosmétique que j’achète est le savon. Mais je suis consciente que la plupart des savons, même de bonne qualité, détruisent le « manteau acide » dont je vous ai parlé tout à l’heure. Alors je n’hésite pas à ne pas me savonner systématiquement, car c’est principalement l’eau qui lave, dans une douche. C’est un début. Peut-être irai-je un jour plus loin, comme Mathieu Lamour, dont vous pouvez lire le témoignage ici : https://www.huffingtonpost.fr/mathieu-lamour/douche-sans-savon_b_4181940.html?utm_hp_ref=fr-hygiene-corporelle

Je continue toutefois de me savonner les mains plusieurs fois par jour, par hygiène.

Concernant les déodorants, ils ne sont pas nécessaires si on a une bonne hygiène de vie, notamment si on mange peu ou pas de viande et de produits laitiers. Si vous n’êtes pas prêt(e) à y renoncer, il existe de nombreuses recettes sur internet (5) pour le faire vous-mêmes avec des produits naturels.

c. Prendre soin de ses dents

Enfin, en guise de dentifrice, la poudre d’argile verte dans laquelle on plonge sa brosse à dents passée sous l’eau fait merveille. Vous pouvez ajouter de temps en temps sur la brosse une goutte d’huile essentielle de citron ou de menthe. Je vous déconseille de le faire tous les jours pour ne pas déstabiliser votre flore microbienne buccale, qui est votre amie !

Conclusion

La physiologie naturelle humaine est bien faite pour que les choses soient simples en matière de soins du corps. L’arsenal chimique qu’on nous propose dans les cosmétiques n’est pas une fatalité. Si on ne comprend pas l’étiquette, c’est sans doute que ça n’a rien à faire dans la salle de bains !

Comme toujours, l’évolution intéressante pour être au summum de sa beauté ne consiste pas simplement à remplacer des produits chimiques par des produits naturels, mais à revenir progressivement aux vrais besoins du corps.

Une fois de plus, vous remarquerez que cette conduite est à la fois bonne pour votre vitalité, l’environnement et votre portefeuille…

Références

  1. Exemples tirés de cette page : https://www.quechoisir.org/decryptage-produits-cosmetiques-les-fiches-des-molecules-toxiques-a-eviter-n2019/
  2. Source : Santé Nature Innovation, lettre du 19 mai 2018 intitulée « Ventre qui déborde : alerte ! »
  3. ex. : Dr. Hauschka – Crème de jour fluide pour peaux normales : contient de l’alcool
  4.  https://soin-de-la-peau.ooreka.fr/astuce/voir/541601/ph-de-la-peau

  5. Exemple ici : https://www.aufeminin.com/soins-corps/deodorant-maison-s4008722.html

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