CHAPITRE 2 / définir le cadre de son activité
COURS 2.1 / Travailler seul ou en collaboration
Avant d’aborder les différents cadres d’activité (entreprise, cabinet, maison de retraite, hôtel, etc.), je vous propose de réfléchir dans un premier temps aux avantages et inconvénients du travail en complète autonomie, spécifique au travailleur indépendant, par opposition au travailleur salarié qui est généralement intégré à une équipe.
A l’opposé de cette première hypothèse de travail, je souhaite évoquer plusieurs exemple de praticiens impliqués plus ou moins fortement dans un exercice collaboratif de leur métier. Cette dimension sera traitée sous forme d’interviews vidéo issues du blog en-mode-pro.fr que j’anime.
1 - Travailler seul : avantages, inconvénients, conseils...
Les avantages
Libre ! : C’est la motivation principale et très naturelle des travailleurs indépendants : être son propre patron, s’organiser comme bon lui semble. Vous êtes libre (de travailler) ! Cette liberté va vous permettre d’appliquer toutes ces qualités que vous estimiez si peu reconnues : esprit d’initiative, sens de l’organisation, discipline personnelle, créativité, etc. C’est le moment de (vous) faire vos preuves !
Les inconvénients
Une certaine solitude : quelle que soit l’activité, il advient un moment où l’on ressent la nécessité de disposer de repères, de points de comparaison, pour évaluer sa pratique, son activité. Le retour des clients n’y suffit pas.
Seul(e), déconnecté(e) des autres professionnels, une certaine solitude s’installe, et avec elle, l’angoisse d’être « à côté de la plaque », en marge, d’avoir raté des évolutions importantes dans son métier. Vous ressentez alors le besoin de nouer des contacts avec des collègues pour parler métier, parler technique, échanger ses expériences, pratiquer avec d’autres professionnels.
Le défi du démarchage commercial : malgré toutes vos qualités – que nous avons évoquées lors du chapitre précédent – il se pourrait que vous n’ayez pas la « fibre commerciale »; cette aisance pour aller « se vendre », pour « baratiner » son futur client, forcer les portes, encaisser les inévitables refus.
Rassurez-vous, cette fibre est en fait assez rare chez les praticiens qui – et c’est tout à leur honneur – ont du mal à se mettre en avant et préfère donner plutôt que vendre. Et bien, ce défi du démarchage commercial est d’autant plus difficile que l’on est seul, seul pour assumer son organisation, seul pour se discipliner à le faire, seul pour assumer les refus.
Quelques conseils d’organisation
S’aménager un espace de travail : accordez-vous un espace de travail pratique et confortable pour gérer, dans de bonnes conditions, votre activité : ordinateur, mobilier adapté, rangements dédiés, éclairage naturel… Quand on travaille chez soi, l’idée est de bien cloisonner sa vie privée de sa vie professionnelle. C’est nécessaire pour se créer une véritable ambiance de travail mais aussi pour matérialiser, à ses proches, les périodes consacrées au travail et donc d’indisponibilité.
NB : sachez qu’il existe aussi des espaces de bureaux à partager (co-working) permettant de louer, pour pas trop cher, un coin de bureau dans un local professionnel partagé.
Se fixer des horaires : le risque principal quand on se lance à son compte est de trop profiter de cette nouvelle liberté. Erreur ! Il faut du cadre ! S’imposer des horaires de travail est, en effet, primordial, tant pour la concentration que pour rester en phase avec ses clients et ses proches.
Organiser son emploi du temps : dans la même veine, établir un emploi du temps et une liste de tâches à accomplir aide grandement à travailler seul(e) de manière performante : horaires de prospection, relances téléphoniques, comptabilité… Car face à l’ampleur des tâches à accomplir en solo, le risque est d’être vite débordé(e).
S’accorder des temps de pause : un des risques du travail indépendant est de faire des journées de travail sans interruption, ni pause. Le danger est de s’épuiser, de perdre en efficacité, de se lasser. Prendre une pause déjeuner devient alors indispensable, comme l’est tout autant de savoir s’accorder quelques minutes de repos au cours de l’après-midi.
Savoir se gratifier : vous n’avez pas de patron pour vous faire des reproches, mais vous n’avez pas non plus de patron pour vous féliciter (oui, je sais, c’est nettement plus rare !). Lorsqu’un objectif est atteint, savoir s’en féliciter doit, par conséquent, devenir une véritable habitude. Champagne donc !
Rester connecté : en d’autres termes, ne pas se couper du monde extérieur. Pour cela, les réseaux sociaux permettent évidemment de tisser du lien professionnel, mais la « vraie » vie aide encore plus à rester connecté avec la société. Adhérer, par exemple, à une fédération, rejoindre une association de praticiens, nouer des liens avec des collègues, permettent ainsi de conserver du lien social, d’échanger, d’apprendre et d’évoluer dans sa pratique.
2 - Travailler en collaboration : les témoignages
Collaborer pour démarcher les entreprises
Dans cette interview, Sylvie Garibal, praticienne de massage bien-être à Dijon, partage son expérience de travail et de démarchage collaboratif au sein d’une association de praticiens et thérapeutes. Ce que nous dit Sylvie, c’est ce que n’est pas si simple de s’improviser commercial ! Pour démarcher, l’indépendant doit, en vrac :
- ne pas se laisser impressionner par son interlocuteur (souvent un directeur d’entreprise) ;
- savoir mettre en valeur son activité, et donc soi-même ;
- être clair dans ses propositions commerciales ;
- connaitre et se distinguer de ses concurrents ;
- être solide dans ses tarifs ;
- savoir répondre aux objections ;
- savoir adapter aux impératifs de son client ;
- encaisser les refus ;
- s’accrocher, relancer ; etc.
Beaucoup d’indépendants, anciens salariés en reconversion, ne sont pas du tout préparés à cet exercice. Comment faire alors ? Une des solutions est justement le démarchage en binôme ! Et on imagine facilement combien l’exercice du démarchage peut être plus simple à deux, ne serait-ce que pour partager une bonne bière de consolation après un refus catégorique ! On se sent épauler, rassurer par la présence de son collègue, on se complète dans le discours et la réponse aux objections, etc.
Et puis, on donne à voir une image plus professionnelle, non seulement par un discours plus efficace mais aussi, tout simplement, par le fait qu’on sait s’organiser, travailler en complémentarité dans le but ultime de proposer un service de qualité.
Collaborer pour associer des approches complémentaires
Dans cette deuxième interview, Sylvie Garibal et Anne-Françoise Morin, sophrologue à Dijon, revienne sur ce travail en collaboration précédemment évoqué. Elle y ajoute une nouvelle dimension : l’association d’approches complémentaires.
C’est justement le but de l’association dans laquelle elles ont œuvré : apporter des solutions diverses et complémentaires afin d’améliorer la qualité de vie au travail : un seul interlocuteur mais plusieurs activités, afin que les entreprises puissent puiser les ressources nécessaires et construire un projet solide de qualité de vie au travail et de cohésion d’équipe.
Cette association proposait donc un pôle pluridisciplinaire de praticiens de bien-être : sophrologie, massage, shiatsu, hypnose, musique, art, coaching, etc.
S’associer pour se soutenir et créer des synergies
Dans cette troisième interview, Sabine Morand et Jean-Michel Gensse témoignent de leur parcours de praticien et réflexologue à Lons-le-Saunier, parcours qui les a emmené d’un petit salon partagé de 43 m² à une Maison du Bien-être, véritable espace pluridisciplinaire de 250 m² !
Au fil des années (2011-2019) et des efforts, mais aussi grâce au soutien mutuel qu’ils se sont apportés, ils ont su construire un lieu de partage, d’échange, tant pour eux-mêmes, leurs clients que pour les praticiens et thérapeutes qui y ont élu domicile. La diversité et la complémentarité des 7 professionnels présents génèrent une synergie bénéfique à chacun et permet d’offrir aux particulier un accompagnement personnalisé et efficace.
On se pose un instant...
- Connaissez-vous localement des praticiens avec qui discuter / échanger / collaborer ?
- Existe t-il une association ou un regroupement de praticiens / thérapeutes proches de chez vous ?
- Avez-vous connaissance d’un lieu où exercent ensemble plusieurs praticiens / thérapeutes ?
- Avez-vous connaissance d’un salon du bien-être où vous pourriez faire la connaissance d’autres professionnels ?
- Avec quels praticiens d’autres disciplines pourriez-vous travailler en complémentarité ?