Comment savoir si le métier de praticien bien-être est fait pour moi ? En mode pro formations

Est-ce que le métier de praticien bien-être est vraiment fait pour vous ? Plutôt qu'un test de personnalité, cette fiche vous propose de confronter vos envies aux réalités du métier : relation client, indépendance, revenus, visibilité, contraintes physiques et compétences à développer.

Vous envisagez de devenir praticien en massage bien-être, réflexologie, sophrologie, shiatsu, relaxation ou dans une autre approche complémentaire. Le métier vous attire, vous avez peut-être déjà commencé à vous former et une question finit naturellement par se poser :

Est-ce que ce métier est vraiment fait pour moi ?

C’est une bonne question. Mais elle est peut-être mal posée. Elle laisse entendre qu’il existerait quelque part un profil type du bon praticien : certaines qualités qu’il faudrait posséder, une personnalité particulière, peut-être même une sorte de vocation.

La réalité est beaucoup plus intéressante. Il existe d’excellents praticiens très extravertis et d’autres beaucoup plus réservés. Certains ont un tempérament d’entrepreneur, d’autres ont dû apprendre progressivement à développer leur activité. Certains aiment travailler seuls, d’autres construisent leur métier autour de collectifs et de partenaires. Certains exercent à temps plein, d’autres ont volontairement conservé une deuxième activité.

La question n’est donc probablement pas : “Suis-je fait pour ce métier ?“, mais plutôt :

“Puis-je construire une manière d’exercer ce métier qui corresponde à ma personnalité, à mes aspirations, à mes contraintes et à la vie professionnelle que je souhaite ?”

Et pour y répondre, il faut commencer par regarder le métier tel qu’il est réellement.

Objectif : confronter son intérêt pour les métiers du bien-être aux réalités concrètes de leur exercice, identifier ses ressources, ses contraintes et les compétences qu'il reste à développer, afin d'évaluer non pas si l'on correspond à un profil type de praticien, mais dans quelles conditions ce métier peut correspondre à son projet professionnel et personnel.

Public : cette fiche concerne tous les professionnels du bien-être et des approches complémentaires

Regardez le métier depuis l'autre côté de la table.

Lorsque l’on envisage une reconversion, on connaît souvent le métier depuis la place du client ou de l’apprenant. Vous avez peut-être découvert le massage en recevant des séances. La sophrologie vous a personnellement beaucoup apporté. Vous pratiquez le yoga depuis des années. Vous aimez masser vos proches. Vous venez de commencer une formation qui vous passionne.

Mais recevoir, apprendre et exercer sont trois expériences différentes :

  • recevoir un massage pendant une heure n’a rien à voir avec le fait de masser plusieurs personnes dans une journée ;
  • apprécier une séance de sophrologie ne dit pas encore comment vous vivrez le fait de conduire plusieurs accompagnements chaque semaine  ;
  • et aimer pratiquer avec ses proches ne permet pas totalement d’imaginer ce que sera la relation avec des inconnus qui auront payé pour votre prestation.

Il faut donc essayer progressivement de regarder l’ensemble du métier, et pas seulement sa partie la plus attirante.

Le métier ne se résume pas à la pratique.

Vous pouvez devenir masseur parce que vous aimez masser. Réflexologue parce que la réflexologie vous passionne. Sophrologue parce que vous souhaitez accompagner les autres.

Mais si vous exercez en indépendant, votre semaine professionnelle ne sera jamais composée uniquement de séances.

Il faudra également :

  • accueillir et renseigner des personnes ;
  • gérer les rendez-vous et les annulations ;
  • préparer votre espace et votre matériel ;
  • répondre aux messages ;
  • communiquer sur votre activité ;
  • établir des factures ;
  • suivre votre comptabilité ;
  • entretenir votre réseau ;
  • prendre des décisions ;
  • trouver de nouveaux clients ;
  • résoudre les petits problèmes du quotidien.

Et personne ne vous dira nécessairement ce qu’il faut faire ni dans quel ordre. Cela ne signifie pas qu’il faille aimer la comptabilité, la communication ou la gestion pour devenir praticien. En revanche, il faut être prêt à accepter que ces tâches font également partie du métier.

Comment vivez-vous la relation avec les autres ?

On entend souvent qu’un bon praticien doit être “empathique”, “à l’écoute” ou “aimer les gens”.

Ces qualités sont importantes, mais ces formulations restent très abstraites. La relation professionnelle demande des compétences beaucoup plus concrètes :

  • Comment vous sentez-vous à l’idée de rencontrer régulièrement des inconnus ?
  • Êtes-vous capable d’écouter quelqu’un sans chercher immédiatement à résoudre son problème ?
  • Pouvez-vous accueillir une personne dont la personnalité, les opinions ou le mode de vie sont très différents des vôtres ?
  • Comment réagissez-vous face au silence ?
  • Êtes-vous capable de poser une limite sans vous sentir coupable ?
  • De dire non ?
  • De rappeler une règle ?
  • De donner un tarif ?
  • D’accepter qu’un client ne soit pas satisfait ?
  • Ou tout simplement qu’il ne revienne pas ?

Dans certains métiers d’accompagnement, les personnes peuvent également parler de leur fatigue, de leurs difficultés ou de moments de vie compliqués. Il faut apprendre à être présent sans tout absorber.

Être un bon praticien ne signifie pas être disponible pour tout, pour tout le monde et à n’importe quelle condition.

Cela signifie notamment apprendre à construire une relation chaleureuse tout en conservant une juste distance professionnelle.

Comment vivez-vous la proximité physique ?

Pour les métiers corporels, la question mérite également d’être posée très concrètement. Massages, shiatsu, réflexologie et autres pratiques manuelles impliquent une proximité physique répétée avec des personnes très différentes :

  • Tous les corps.
  • Tous les âges.
  • Des morphologies différentes.
  • Des personnes très pudiques et d’autres beaucoup moins.
  • Des odeurs.
  • De la transpiration.
  • Des difficultés de mobilité.
  • Parfois des situations qui vous mettent moins à l’aise.

Il ne s’agit pas de savoir si cela vous dérange en théorie. C’est l’expérience qui vous permettra progressivement de découvrir comment vous vivez réellement cette proximité et comment vous construisez votre posture professionnelle.

C’est aussi tout l’intérêt des nombreuses heures de pratique réalisées pendant une formation sérieuse : elles ne servent pas uniquement à apprendre une technique. Elles permettent de découvrir le métier.

Votre corps aussi devra pouvoir exercer ce métier.

Cette question est particulièrement importante pour les praticiens exerçant une activité manuelle. Masser, pratiquer le shiatsu ou la réflexologie sollicite le corps. Les mains, les poignets, les épaules, le dos, les jambes, mais aussi l’attention et l’énergie disponibles.

Être capable de réaliser plusieurs séances pendant une journée ne signifie pas nécessairement que ce rythme sera soutenable cinq jours par semaine pendant plusieurs années.

Votre corps devient en partie votre outil de travail. Vous devrez donc apprendre à :

  • travailler votre posture ;
  • choisir du matériel adapté ;
  • organiser des pauses ;
  • alterner éventuellement les types de prestations ;
  • connaître vos limites ;
  • construire un planning réaliste.

Le bon rythme n’est pas nécessairement celui qui permet de réaliser le plus grand nombre de rendez-vous. C’est celui que vous pouvez tenir sans dégrader votre santé ni la qualité de vos prestations.

Comment vivez-vous l'incertitude ?

Si vous exercez en indépendant, votre revenu ne tombera pas automatiquement à la fin du mois. Une semaine pourra être très remplie. La suivante beaucoup moins. Un client annulera. Un autre ne reviendra pas. Une action de communication donnera d’excellents résultats et une autre absolument aucun. Vous devrez parfois décider sans savoir à l’avance si vous faites le bon choix.

Comment vivez-vous cette incertitude ? Certaines personnes la trouvent stimulante. D’autres la vivent beaucoup plus difficilement. Et cela ne signifie pas que ces dernières ne peuvent pas devenir praticiennes.

Cela peut simplement conduire à construire différemment leur projet. Conserver une activité salariée pendant quelque temps. Commencer à temps partiel. Développer progressivement sa clientèle. Constituer une réserve financière. Choisir une activité complémentaire plutôt qu’un temps plein.

Parfois, ce n’est pas le métier qui ne nous convient pas. C’est le modèle d’exercice que nous avions imaginé.

Êtes-vous prêt à vous rendre visible ?

Vous pouvez être excellent dans votre pratique et rencontrer malgré tout très peu de clients. Parce qu’avant de pouvoir vous choisir, vos futurs clients doivent d’abord savoir que vous existez, comprendre ce que vous faites et avoir suffisamment confiance pour prendre rendez-vous. Il faudra donc, d’une manière ou d’une autre, parler de votre activité, vous présenter ;

  • Expliquer ce que vous proposez.
  • Rencontrer des professionnels.
  • Répondre à des demandes.
  • Créer quelques outils de communication.
  • Demander éventuellement des avis ou des recommandations.
  • Dire à votre entourage que vous êtes installé.

Cela inquiète beaucoup de futurs praticiens : “Je ne suis pas commercial.”

Bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin de le devenir au sens où vous l’entendez probablement. Il existe de nombreuses manières de développer une activité locale en restant fidèle à sa personnalité et à ses valeurs. En revanche, il sera difficile de développer une activité en restant totalement invisible.

Se faire connaître n’est pas se mettre en avant. C’est permettre aux personnes qui pourraient avoir besoin de vos services de savoir que vous existez.

C’est une compétence qui s’apprend elle aussi.

Quel est votre rapport à l'argent ?

Vous souhaitez peut-être prendre soin des autres, les accompagner, leur apporter du mieux-être. Et demain, vous devrez aussi leur dire : “La séance coûte 70 euros.

Puis demander le règlement. Peut-être refuser une remise. Faire respecter vos conditions d’annulation. Augmenter un jour vos tarifs… Et surtout accepter une idée simple : votre activité doit contribuer à financer votre vie.

Chez certains praticiens, cette dimension crée une véritable tension. Ils ont parfois l’impression que faire payer leur travail diminue la sincérité de leur démarche. Ce n’est pourtant pas contradictoire.

Votre client rémunère votre temps, vos compétences, votre expérience, votre matériel, votre local, votre préparation et toutes les heures invisibles nécessaires pour rendre la prestation possible.

La générosité professionnelle n’oblige pas à renoncer à la viabilité économique.

Et si parler d’argent vous met aujourd’hui mal à l’aise, cela ne signifie pas davantage que vous n’êtes pas fait pour ce métier. Cela indique simplement qu’il existe ici un apprentissage à réaliser.

Êtes-vous prêt à apprendre autre chose que votre pratique ?

Lorsque l’on commence une formation, on peut être tenté de penser : “Je vais d’abord devenir très bon dans ma technique. Je m’occuperai du reste ensuite.”

La compétence technique est évidemment fondamentale, mais le professionnel indépendant devra également apprendre progressivement à :

  • communiquer ;
  • s’organiser ;
  • gérer ;
  • calculer ;
  • fixer des prix ;
  • comprendre quelques règles juridiques ;
  • utiliser certains outils numériques ;
  • construire une relation client ;
  • développer un réseau.

Cela peut sembler beaucoup, mais personne ne vous demande de savoir tout faire aujourd’hui.

Vous n’avez pas besoin de savoir entreprendre avant de commencer. Vous devez être disposé à l’apprendre.

C’est précisément l’une des raisons d’être de ce parcours 😉

Votre projet est-il compatible avec votre vie ?

Il existe enfin une différence importante entre : “Ce métier me correspond-il ?” et : Puis-je exercer ce métier aujourd’hui dans les conditions que j’imagine ?“, c’est-à-dire :

  • votre situation personnelle compte ;
  • vos besoins financiers ;
  • votre famille ;
  • votre logement ;
  • votre mobilité ;
  • votre disponibilité ;
  • votre capacité à financer une formation ;
  • votre territoire ;
  • votre état physique ;
  • le temps que vous pouvez consacrer au développement de votre activité.

Imaginez une personne qui a besoin d’un revenu relativement stable pour sa famille et dispose de peu d’épargne. La conclusion pourrait être : “Je ne suis pas fait pour devenir praticien.”, alors que le véritable constat est peut-être : “Quitter immédiatement mon emploi pour ouvrir un cabinet à temps plein serait trop risqué dans ma situation actuelle“.

Ce n’est absolument pas la même chose. Une transition progressive peut changer complètement l’équation.

Distinguez ce qui vous caractérise de ce que vous pouvez apprendre.

À ce stade, vous avez peut-être identifié plusieurs inquiétudes :

  • Je suis trop réservé.
  • Je n’ai aucune fibre commerciale.
  • Je ne sais pas gérer une entreprise.
  • Je manque de confiance en moi.
  • Je suis mal à l’aise lorsqu’il faut parler d’argent.
  • Je ne sais pas communiquer.

Ne transformez pas trop rapidement ces constats en verdicts. Il est utile de distinguer trois catégories :

  • Ce qui appartient à votre personnalité
    Vous n’avez pas nécessairement à le changer. Il faudra parfois simplement construire une manière d’exercer compatible avec votre tempérament.
  • Ce qui relève de vos contraintes
    Certaines peuvent être supprimées ou réduites. D’autres devront être intégrées à votre projet.
  • Ce qui relève d’une compétence que vous n’avez pas encore acquise
    Et c’est probablement la catégorie la plus importante.

Communiquer s’apprend. Fixer ses prix s’apprend. Recevoir un client s’apprend. Poser des limites s’apprend. Organiser son activité s’apprend. Entreprendre s’apprend.

Ne pas savoir faire quelque chose aujourd’hui ne signifie pas que vous n’êtes pas fait pour ce métier.

Alors, comment savoir si ce métier est fait pour vous ?

Probablement pas en répondant à un questionnaire qui vous attribuera 7 ou 14 points sur l’empathie, l’esprit entrepreneurial ou la capacité d’écoute 😉 Et certainement pas en essayant de ressembler à l’image que vous vous faites d’un praticien idéal.

La meilleure façon de le découvrir consiste à vous confronter progressivement à la réalité du métier.

  • Vous former.
  • Pratiquer.
  • Rencontrer des professionnels.
  • Observer leur quotidien.
  • Multiplier les situations réelles pendant votre formation.
  • Vous informer sur les aspects économiques.
  • Tester votre relation aux clients.
  • Et regarder comment vous vous sentez dans cette nouvelle posture.

Votre réponse se construira avec l’expérience.

Vous n’avez donc pas besoin, aujourd’hui, d’être certain que vous exercerez ce métier pendant les vingt prochaines années. Une question beaucoup plus simple suffit pour continuer :

Maintenant que vous connaissez un peu mieux ce que ce métier implique, avez-vous toujours envie d’en savoir davantage ?

Si la réponse est oui, poursuivons.

Les prochains pas... pour aller plus loin !

Le premier pas

Prenez une feuille et tracez trois colonnes.

1. Ce qui m’attire dans ce métier
Notez ce que vous avez réellement envie d’y trouver et de vivre.

2. Ce qui m’inquiète
Notez sans vous censurer tout ce qui vous fait hésiter : argent, clientèle, confiance, fatigue, communication, indépendance, organisation…

3. Ce que je peux apprendre ou adapter
Reprenez chaque inquiétude et demandez-vous :

Est-ce réellement une incompatibilité avec le métier, une contrainte dont je dois tenir compte, ou simplement quelque chose que je ne sais pas encore faire ?

Cette distinction peut déjà changer votre regard sur votre projet.

L'Atelier des praticiens

Se poser les bonnes questions, disposer d’informations fiables et comprendre les étapes à suivre sont essentiels pour construire son activité professionnelle.

Mais c’est dans la mise en application que le projet prend réellement forme. 

Faire ses choix, définir ses priorités, prendre des décisions, organiser ses actions et avancer dans le temps. C’est souvent la partie la plus stimulante… et aussi la plus difficile à mener seul.

L’Atelier des praticiens est conçu pour mettre le parcours au travail sur votre propre projet.

Vous y trouverez une démarche structurée, des exercices et des outils concrets pour transformer progressivement vos réflexions en décisions, puis vos décisions en actions.

Vous pourrez ainsi construire, structurer et planifier votre projet, à votre rythme, avec la possibilité d’être accompagné lorsque vous en ressentez le besoin.

L’objectif : ne pas seulement savoir quoi faire, mais parvenir à le faire, étape après étape.