Module mis à jour le 12 septembre 2018

La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE)

La RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises, ou Responsabilité « Sociétale » des Entreprises) regroupe l’ensemble des pratiques mises en place par les entreprises dans le but de respecter les principes du développement durable, c’est-à-dire être économiquement viable, avoir un impact positif sur la société mais aussi mieux respecter l’environnement.


Définition de la RSE selon l’ISO 26000

L’ISO (International Organisation for Standardisation), organisation chargée de définir les standards internationaux qui régissent le commerce des entreprises, dans le cadre de la Norme ISO 26000 sur la Responsabilité Sociale des Entreprises, donne la définition suivante de la RSE : « la responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur l’environnement , se traduisant par un comportement éthique et transparent qui :

  • contribue au développement durable, y compris à la santé et au bien-être de la société ;
  • prend en compte les attentes des parties prenantes ;
  • respecte les lois en vigueur et qui est en accord avec les normes internationales de comportement ;
  • et qui est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations ».

En savoir plus sur la norme ISO26000 : ICI.


Origine de la RSE

L’idée que les entreprises doivent « faire de la RSE », doivent être responsables, prend ses racines dans les travaux de certains managers américains dans les années 1950. Leur idée ? Si les entreprises ne se concentrent plus uniquement sur leurs profits mais aussi sur l’impact qu’elles ont sur la société, elles en tireront bénéfice. Par exemple, si une entreprise paie mieux ses salariés, elle contribue à leur donner du pouvoir d’achat, avec lequel ces derniers vont peut-être acheter les produits de l’entreprise. Howard Bowen publie en 1953 un ouvrage intitulé « La responsabilité sociale du businessman » dans lequel il explique pourquoi les entreprises ont intérêt à être plus responsable et donne la première définition « reconnue » de la RSE.

Avec le développement des préoccupations environnementales, mais aussi sociales et économiques dans la seconde moitié du 20e siècle, la responsabilité des entreprises devient un enjeu de plus en plus important. De plus en plus de consommateurs deviennent critique vis-à-vis des entreprises et veulent que ces dernières respectent mieux les lois, l’environnement et soient plus responsables en général.

De ce fait, à partir des années 1990 et 2000, dans plusieurs pays du monde les gouvernements mettent en place des réglementations qui vont poser les bases de la RSE moderne. En France, les lois NRE (Nouvelle Régulation Economique) vont être les premières à obliger les entreprises à rendre publiques leurs performances en matière de développement durable. Elles seront suivies par diverses réglementations comme les lois Grenelle ou les Lois de Vigilance.

À partir de là, les entreprises vont être en quelque sorte obligées de s’investir dans la RSE, afin de ne pas se laisser distancer par leurs concurrents. On commence alors à parler de « RSE » comme un outil de management, de communication et de développement pour les entreprises. La RSE est devenue indispensable pour améliorer l’image des entreprises auprès des consommateurs, mais aussi afin de mieux gérer les ressources de l’entreprise et d’améliorer la productivité interne.

Aujourd’hui, la RSE est véritablement institutionnalisée dans le monde de l’entreprise. Si on associe beaucoup la RSE à la protection de l’environnement, ce n’est donc pas le seul domaine où elle intervient. Économique, sociale, culturelle et même éducative : la RSE est présente dans tous les domaines. Parmi les tendances RSE  relevées entre 2015 et 2017 dans les entreprises françaises, citons :

  • Aller vers plus d’égalité hommes-femmes
  • Aider des associations à finalité sociale grâce au mécénat
  • S’engager vraiment pour le climat
  • Favoriser l’économie circulaire (économie sans déchet)
  • Une meilleure gestion des ressources (supply chain éthique)
  • Adopter une communication plus responsable et plus engagée
  • Participer à des programmes d’inclusion sociale au niveau local

Et puis il y a bien-sûr ces tendances qui nous concernent particulièrement : mettre en place des programmes de prévention / santé et de bien être au travail dans l’entreprise, prendre soin de l’ergonomie des salariés au travail.

Le bien-être au travail, c’est bien entendu l’enjeu numéro 1 de la RSE selon les salariés. Cette tendance a pris de l’importance suite à un débat à l’Assemblée Nationale en mai 2015 sur le problème du burn-out, du stress au travail et de ses conséquences pour la santé. C’est également en 2015 que s’est développé en France le site Glassdoor, site internet permettant aux salariés de noter les conditions de travail dans leur entreprise.


Des liens à explorer pour en savoir plus

Un blog contenant de nombreux articles intéressants sur le bien-être au travail, des retours d’expérience et des conseils.

Article de synthèse intéressant, en particulier les 2 premiers paragraphes généralistes sur le bien-être au travail : « Le bien-être au travail, un enjeu croissant pour les entreprises » et « L’ultime moteur de performance et d’efficience pour les organisations ? » l’auteur développe ensuite dans l’article des outils organisationnels qui ne concernent pas les praticiens.

Cet article indique que le bien-être des salariés est devenu l’enjeu majeur des politiques de RSE.


Réflexions sur la responsabilité des entreprises dans le mal-être des salariés

A l’origine du mal-être

Je vous propose en guise d’introduction la lecture de cet article paru sur le site du magazine « Challenges » : « Maladie, burn-out, difficultés financières… Plus de la moitié des salariés en état de fragilité »

Le point de vue de l’entreprise

C’est un stagiaire en formation de Praticien conseiller de bien-être en entreprise qui partage avec nous ses réflexions suite àun entretien avec le dirigeant d’une entreprise du Nord de la Sarthe. Extraits :

Le mot « stress », ça stresse le dirigeant. Et oui, c’est l’employé qui se plaint d’être stressé. Le Dirigeant, lui, il pense que l’employé ne sait pas forcément s’organiser (…). Le dirigeant préfère largement le verbe « Décontracter ». Il préfère entendre que le massage assis va « décontracter » ses salariés contracturés, plutôt que les « destresser », parce que cela sous-entend que c’est le travail qu’il leur donne qui est la cause du stress.

Ce témoignage montre que le praticien doit faire attention aux termes qu’il utilise, termes qui pourraient être interprétés comme des « accusations » à l’encontre de l’entreprise, de son image, de son organisation, de ses dirigeants. Le but n’est pas de mettre en exergue les problèmes, mais bien entendu de valoriser les solutions, la valeur ajoutée apportée par vos prestations de bien-être, tout en « flattant » vos lecteurs/prospects/clients de s’inscrire dès aujourd’hui dans une démarche d’amélioration de la qualité de vie au travail.

En pratique pour le praticien :

Je déconseille donc aux praticiens de communiquer sur leur offre de service par une justification négative de son utilité. Oubliez les argumentaires chiffrés sur le mal-être, le burn-out, les arrêts maladies… ! Comme nous l’avons vu précédemment, ces symptômes sont multifactoriels et ne trouvent pas forcément leurs origines dans l’entreprise. Un peu à l’image des « Chief Happiness Officer », adoptez une attitude positive et raisonnée, parlez « solutions » plutôt que « problèmes ».