Préparer des revenus complémentaires
Séances individuelles, ateliers, entreprises, transmission, produits, tourisme… Les possibilités de revenus complémentaires sont nombreuses pour un praticien du bien-être. Mais diversifier ne signifie pas se disperser. Découvrez comment construire progressivement un modèle économique plus solide à partir de vos compétences et de votre expérience.
Lorsqu’on imagine l’activité d’un praticien du bien-être, le modèle paraît souvent évident : un client + une séance = un revenu.
C’est effectivement le cœur de métier de nombreux masseurs, réflexologues, sophrologues, praticiens shiatsu ou professionnels des approches complémentaires.
Mais ce modèle présente une particularité : le chiffre d’affaires dépend très directement du temps disponible du praticien.
Pour réaliser une séance supplémentaire, il faut généralement travailler une heure supplémentaire. Et il existe rapidement une limite au nombre de personnes que l’on peut raisonnablement accompagner chaque semaine, particulièrement dans les métiers physiquement ou émotionnellement exigeants.
Faut-il pour autant multiplier les rendez-vous pour augmenter ses revenus ? Pas nécessairement. À mesure que votre activité se développe, vous pouvez aussi vous demander :
Comment mieux valoriser mes compétences, mon expérience, mon réseau et tout ce que j’ai déjà construit ?
C’est là que les revenus complémentaires deviennent intéressants.
Objectif : ??? prendre du recul sur votre stratégie de formation continue, distinguer acquisition de nouvelles techniques et développement professionnel, identifier vos véritables besoins de progression et choisir plus consciemment les compétences à approfondir au cours des prochaines années.
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Un revenu complémentaire n'est pas forcément un "petit boulot à côté" en plus.
Développer des revenus complémentaires ne signifie pas nécessairement exercer plusieurs métiers sans rapport les uns avec les autres. Au contraire. Pour un praticien installé, les diversifications les plus intéressantes sont souvent celles qui prolongent naturellement son activité principale.
Prenons quelques exemples :
- une sophrologue reçoit individuellement des personnes confrontées au stress. Elle peut également proposer un atelier collectif sur ce thème ;
- un masseur intervient auprès de particuliers dans son cabinet. Il peut proposer des prestations de massage assis en entreprise ;
- une réflexologue expérimentée accompagne régulièrement des seniors. Elle peut développer des interventions dans des résidences seniors ou auprès d’associations d’aidants ;
- un praticien ayant développé une véritable expertise peut progressivement la transmettre à d’autres professionnels.
Dans chacun de ces exemples, il ne s’agit pas de repartir de zéro :
Le professionnel valorise différemment des compétences qu’il possède déjà.
Pourquoi diversifier ses revenus ?
La première réponse qui vient à l’esprit est naturellement : pour gagner davantage. Mais ce n’est pas la seule raison, et parfois même pas la principale. Des revenus complémentaires peuvent permettre de :
- moins dépendre du nombre de séances individuelles réalisables ;
- mieux exploiter les périodes creuses ;
- lisser les variations saisonnières ;
- rendre une activité plus résistante aux imprévus ;
- développer des revenus récurrents ;
- toucher de nouveaux publics ;
- mieux rentabiliser certaines compétences ;
- préserver progressivement son corps ;
- préparer l’évolution de son activité avec l’âge ;
- renouveler son intérêt pour son métier.
La diversification peut donc répondre à une problématique de revenu, mais également de stabilité, de pérennité et de qualité de vie professionnelle.
Et cette réflexion devient particulièrement importante lorsque l’activité arrive à maturité.
Avant de chercher de nouvelles idées, regardez ce que vous possédez déjà.
C’est probablement le meilleur point de départ. Un praticien installé possède progressivement un véritable capital professionnel. Il a acquis des compétences, mais également :
- une expérience ;
- une connaissance de certaines problématiques ;
- une clientèle ;
- une réputation ;
- un réseau professionnel ;
- des partenaires ;
- des contenus ;
- une connaissance de son territoire ;
et parfois une expertise particulière qu’il ne pense même plus à valoriser.
Imaginez une praticienne qui accompagne depuis huit ans de nombreuses femmes enceintes. Elle pourrait chercher une nouvelle activité sans rapport avec son métier. Mais elle pourrait également se demander : “Qu’est-ce que ces huit années d’expérience me permettent aujourd’hui de proposer que je ne proposais pas lorsque j’ai commencé ?”
- Un atelier ?
- Une intervention auprès de professionnels ?
- Un partenariat avec des structures spécialisées ?
- Un guide ?
- Une transmission de son expérience ?
La diversification commence donc moins par “Qu’est-ce que je pourrais vendre d’autre ?” que par :
Qu’est-ce que je sais déjà faire et que je pourrais valoriser autrement ?
Plusieurs façons de créer des revenus complémentaires.
Il existe beaucoup plus de possibilités qu’on ne l’imagine.
Passer de l'individuel au collectif
C’est souvent l’une des évolutions les plus accessibles. Atelier d’auto-massage, relaxation, gestion du stress, sommeil, respiration, méditation, découverte d’une pratique…
L’intérêt économique est facile à comprendre. Une séance individuelle mobilise une heure pour une personne. Un atelier mobilise le même temps d’animation pour plusieurs participants.
Mais attention au calcul trop rapide, de type : un atelier de deux heures réunissant 10 personnes à 25€ génère 250€ de chiffre d’affaires. Il ne rapporte pas pour autant 125€ de l’heure.
Il faut éventuellement compter : la préparation, la communication, les inscriptions, la location de la salle, l’installation, le rangement et le suivi.
La véritable force du modèle apparaît surtout lorsque le travail réalisé peut être réutilisé. Un bon atelier conçu une fois peut être proposé dix, vingt ou cinquante fois en l’améliorant progressivement.
Vendre ses prestations à des organisations plutôt qu'uniquement à des particuliers
Une autre évolution importante consiste à passer du B2C (Business to Consumer) au B2B (Business to Business).
Votre client n’est alors plus nécessairement la personne qui bénéficie directement de la prestation. Ce peut être :
- une entreprise ;
- un CSE ;
- une collectivité ;
- une association ;
- un hôtel ;
- un établissement pour seniors ;
- une structure sportive ;
- un établissement touristique ;
- une agence événementielle.
Un masseur peut par exemple réaliser des massages assis auprès des salariés d’une entreprise. Une sophrologue peut animer un atelier collectif. Un professeur de yoga peut intervenir dans le cadre d’une action QVCT.
L’intérêt n’est pas seulement d’obtenir une prestation plus importante. Il réside surtout dans la possibilité de développer des interventions récurrentes.
Une entreprise qui vous sollicite tous les mois pendant deux ans n’a évidemment pas la même valeur économique qu’une succession de missions ponctuelles qu’il faut continuellement rechercher. En contrepartie, le B2B demande de nouvelles compétences : prospection, présentation de son offre, devis, relance, négociation et suivi commercial.
Créer des offres récurrentes
Tous les revenus complémentaires ne nécessitent pas une nouvelle activité. Parfois, le modèle économique lui-même peut évoluer : forfait de plusieurs séances, programme d’accompagnement lorsque celui-ci a du sens, contrat régulier avec une entreprise, atelier mensuel…
Une partie du chiffre d’affaires devient alors plus prévisible. Cela peut être particulièrement intéressant dans une activité où chaque mois recommence habituellement avec une question : “Combien de rendez-vous vais-je avoir ce mois-ci ?”
Attention néanmoins : créer de la récurrence ne signifie pas enfermer artificiellement le client dans une formule. Elle doit répondre à un usage réel et cohérent avec la prestation proposée.
Transmettre ce que l'on sait
Après plusieurs années d’activité, certains praticiens possèdent une expertise qui peut elle-même devenir une prestation. Cela peut prendre des formes très différentes :
- ateliers d’initiation ;
- conférences ;
- interventions auprès d’associations ;
- accompagnement de professionnels moins expérimentés ;
- enseignement ;
- formation professionnelle.
Cette évolution est particulièrement intéressante car elle permet progressivement de valoriser l’expérience accumulée et pas seulement le temps de pratique.
Mais transmettre devient également une compétence. Savoir faire quelque chose ne signifie pas automatiquement savoir l’enseigner. Et lorsqu’une activité devient véritablement de la formation professionnelle, elle entre dans un cadre réglementaire spécifique : déclaration d’activité et, dans certaines situations, certification permettant l’accès aux financements de la formation professionnelle.
Il s’agit donc potentiellement d’une véritable seconde branche d’activité, à préparer sérieusement.
Vendre des produits : une diversification possible, mais pas anodine
Certains praticiens vendent également des produits en complément de leurs prestations :
- huiles ;
- accessoires ;
- livres ;
- cosmétiques ;
- objets liés à leur pratique.
Cela peut augmenter le chiffre d’affaires réalisé auprès d’une clientèle existante. Mais cette activité comporte aussi ses propres contraintes : choix des fournisseurs, stock, marge, commandes, facturation, obligations liées à la vente… Elle doit surtout conserver une vraie cohérence avec votre positionnement. Votre cabinet n’a pas nécessairement vocation à devenir une boutique.
En micro-entreprise, il est possible de cumuler prestations de services et activité commerciale. Il s’agit alors d’une activité mixte, avec des règles de chiffre d’affaires et de cotisations qui doivent être correctement suivies.
Recommander et percevoir une commission ?
L’affiliation et l’apport d’affaires constituent une autre possibilité. Vous recommandez un produit, un service ou éventuellement un professionnel et percevez une rémunération lorsque cette recommandation génère une vente.
Le modèle est courant sur internet, mais pour un praticien, il pose une question essentielle : celle de la confiance. Si vous recommandez depuis dix ans un ouvrage parce que vous le trouvez réellement utile et que vous percevez désormais quelques euros à chaque achat, cela peut parfaitement être cohérent. Mais votre client doit savoir que cette recommandation comporte un intérêt commercial.
Et si vous deveniez vous-même apporteur de missions ?
C’est une évolution moins évidente, mais particulièrement intéressante pour certains professionnels expérimentés.
Un praticien développe des prestations en entreprise. Les demandes augmentent. Il ne peut plus tout réaliser lui-même. Plutôt que de refuser, il constitue progressivement un réseau de confrères fiables auxquels il confie certaines interventions.
Il ne valorise alors plus uniquement sa capacité à réaliser une prestation.Il valorise également son réseau, sa réputation, sa capacité commerciale et son organisation.
Cela peut conduire progressivement à un véritable modèle d’agence ou de coordination d’intervenants. Mais là encore, cette évolution implique de nouvelles responsabilités : contrats, qualité, facturation, assurance, sous-traitance et organisation.
Diversifier ne signifie surtout pas tout faire.
C’est probablement le principal piège. En découvrant toutes ces possibilités, on peut facilement imaginer :
- des séances individuelles ;
- des ateliers ;
- des entreprises ;
- un ebook ;
- une chaîne YouTube ;
- des produits ;
- une formation ;
- des séjours ;
- de l’affiliation…
Vous venez alors de transformer une activité relativement simple en huit activités différentes à développer simultanément.
Chacune demande du temps. Chacune demande de la communication. Chacune possède ses propres clients, contraintes et parfois sa propre réglementation.
Une activité diversifiée n’est pas nécessairement une activité dispersée.
Un modèle très solide peut parfaitement reposer sur trois sources :
- cabinet + entreprises + ateliers collectifs.
- Ou : séances individuelles + résidences seniors + interventions auprès des aidants.
- Ou, pour un praticien expérimenté : clientèle individuelle + formation + transmission de contenus.
L’intérêt vient précisément de leur complémentarité.
Le meilleur revenu complémentaire est celui qui renforce les autres.
Imaginez un atelier sur la gestion du stress. Il génère directement du chiffre d’affaires.
- Mais certains participants découvrent également votre travail et prennent ensuite rendez-vous individuellement.
- Une entreprise découvre cet atelier et vous demande une intervention auprès de ses salariés.
- Votre expérience des ateliers vous permet progressivement de produire un guide.
Chaque activité nourrit alors les autres. C’est beaucoup plus intéressant que de développer trois activités qui nécessitent trois clientèles, trois communications et trois univers complètement différents. On peut parler de portefeuille cohérent de revenus.
Chiffre d'affaires supplémentaire ne signifie pas revenu supplémentaire.
C’est une vigilance essentielle. Imaginons un atelier qui génère 400€. Très bien. Mais combien a-t-il fallu dépenser ?
Et surtout : combien d’heures avez-vous réellement consacrées à générer ces 400€ ?
Il faut compter :
- la conception ;
- la communication ;
- la prospection ;
- les échanges ;
- la gestion des inscriptions ;
- le déplacement ;
- l’installation ;
- la réalisation ;
- le suivi.
Même raisonnement pour une intervention en entreprise : une mission facturée 600€ paraît attractive. Mais si elle nécessite deux rendez-vous commerciaux, un devis, trois relances, une heure de route et une journée d’intervention, sa rentabilité réelle change.
Pour comparer deux activités, ne regardez donc pas seulement leur chiffre d’affaires. Regardez aussi ce qu’il reste et le temps qu’il a fallu pour le produire.
Comment choisir la bonne piste ?
Face à une nouvelle idée, vous pouvez déjà vous poser quelques questions.
- Est-elle cohérente avec mon activité ?
Une diversification proche de votre expertise existante sera généralement plus simple à expliquer et à développer. - Existe-t-il un besoin réel ?
Une idée enthousiasmante n’est pas nécessairement une offre que quelqu’un souhaite acheter. Cherchez d’abord les signaux : demandes de clients, questions récurrentes, sollicitations d’entreprises, besoins exprimés par vos partenaires… - Puis-je la tester simplement ?
Avant de créer une formation en ligne complète, animez peut-être un premier atelier. Avant de développer une boutique, testez quelques produits. Avant de construire une offre nationale pour les entreprises, trouvez un premier client local. - Est-elle rentable ?
Intégrez tous les coûts et tout le temps nécessaire. - Peut-elle devenir récurrente ou réutilisable ?
Un atelier reproductible, un contrat annuel ou une ressource réutilisable possède un potentiel différent d’une prestation qu’il faut reconstruire intégralement à chaque vente. - Ai-je envie qu’elle fonctionne ?
Question étrange mais essentielle. Imaginez que cette activité représente dans trois ans 30 % de votre chiffre d’affaires. Avez-vous envie de passer 30 % de votre temps à la réaliser ? Si la réponse est non, ce n’est peut-être pas la bonne diversification.
Préparer aujourd'hui l'activité que vous voudrez exercer demain.
Il existe enfin une dimension plus personnelle. Votre métier va évoluer. Vos envies également. La prestation qui vous passionne aujourd’hui ne sera peut-être plus celle que vous souhaiterez pratiquer vingt-cinq heures par semaine dans quinze ans.
Votre corps évoluera. Votre expérience augmentera. Votre réseau et votre réputation aussi. Diversifier progressivement permet donc également de préparer la suite de votre parcours professionnel.
Vous pourrez peut-être moins pratiquer et davantage transmettre. Moins vous déplacer et davantage accueillir. Moins dépendre de votre présence et davantage valoriser votre expertise.
Les revenus complémentaires ne sont alors plus simplement une manière de gagner davantage. Ils deviennent un outil pour construire une activité plus durable.
Conclusion.
Développer des revenus complémentaires ne consiste pas à multiplier les activités. Il s’agit de construire progressivement un modèle économique moins dépendant d’une seule source de chiffre d’affaires, tout en restant cohérent avec son métier.
La meilleure diversification est souvent proche de ce que vous possédez déjà : vos compétences, votre expérience, vos clients, votre réseau, votre réputation et votre expertise.
Commencez donc moins par chercher : Qu’est-ce que je pourrais faire de plus ? et davantage par vous demander : Qu’est-ce que j’ai déjà construit et que je pourrais mieux valoriser ?
Puis testez une piste (une seule). Car l’objectif n’est pas de posséder le plus grand nombre de sources de revenus.
L’objectif est de construire une activité plus solide, plus rentable et plus soutenable dans le temps.
Les prochains pas... pour aller plus loin !
Le premier pas
Prenez une feuille et tracez trois colonnes.
1. Ce que je possède déjà
Listez vos compétences, expériences, spécialisations, contenus, relations professionnelles, publics que vous connaissez particulièrement bien et ressources que vous avez développées.
2. Ce que l’on me demande déjà
Notez toutes les demandes auxquelles vous avez déjà répondu :
- « Vous faites des ateliers ? »
- « Vous intervenez en entreprise ? »
- « Vous pourriez venir dans notre association ? »
- « Est-ce que vous formez à cette pratique ? »
- « Vous avez un document qui explique cela ? »
Certaines demandes que vous avez refusées ou auxquelles vous n’avez jamais donné suite sont peut-être les premiers indices de votre prochaine source de revenu.
3. Une seule piste à tester
Choisissez celle qui semble réunir trois qualités : elle correspond à vos compétences + quelqu’un semble en avoir besoin + elle vous donne envie.
Ne construisez rien de complexe pour l’instant. Cherchez simplement la manière la plus petite et la moins coûteuse de tester cette idée auprès de vrais clients.
L'Atelier des praticiens
Se poser les bonnes questions, disposer d’informations fiables et comprendre les étapes à suivre sont essentiels pour construire son activité professionnelle.
Mais c’est dans la mise en application que le projet prend réellement forme.
Faire ses choix, définir ses priorités, prendre des décisions, organiser ses actions et avancer dans le temps. C’est souvent la partie la plus stimulante… et aussi la plus difficile à mener seul.
L’Atelier des praticiens est conçu pour mettre le parcours au travail sur votre propre projet.
Vous y trouverez une démarche structurée, des exercices et des outils concrets pour transformer progressivement vos réflexions en décisions, puis vos décisions en actions.
Vous pourrez ainsi construire, structurer et planifier votre projet, à votre rythme, avec la possibilité d’être accompagné lorsque vous en ressentez le besoin.
L’objectif : ne pas seulement savoir quoi faire, mais parvenir à le faire, étape après étape.
