Obtenir ses premiers témoignages et retours
"C'était bien ?" vous apprendra peu de choses. Découvrez comment recueillir des retours utiles pendant votre formation, progresser grâce à l'expérience des personnes massées et constituer vos premiers témoignages.
Vous venez de terminer une séance d’entraînement. Vous demandez : “Alors, c’était bien ?” La réponse arrive presque immédiatement : “Oui, très bien !”… C’est très agréable à entendre mais vous n’avez finalement pas appris grand chose.
Pendant votre formation, les personnes auprès desquelles vous pratiquez peuvent devenir une formidable source d’apprentissage. Encore faut-il leur permettre de vous dire autre chose que si elles ont aimé ou non.
Recueillir des retours est une compétence qui s’apprend elle aussi.
Objectif : apprendre à recueillir des retours réellement utiles pendant sa formation pour progresser dans sa pratique, mieux comprendre l'expérience vécue par les personnes accompagnées et, lorsque c'est pertinent, commencer à constituer ses premiers témoignages.
Public : cette fiche concerne tous les professionnels du bien-être et des approches complémentaires
1. Un retour et un témoignage n'ont pas le même objectif.
Commençons par distinguer deux choses.
- Un retour vous aide à progresser. Il peut être positif, négatif, nuancé ou simplement descriptif. Il est destiné avant tout à vous.
- Un témoignage raconte l’expérience d’une personne et peut, avec son accord, être communiqué à d’autres. Il pourra éventuellement contribuer plus tard à rassurer vos futurs clients.
Pendant votre formation, votre priorité devrait être le premier.
2. Posez des questions auxquelles on ne peut pas répondre simplement "oui".
“Est-ce que ça vous a plu ?” appelle presque naturellement un “oui” ou un “non“. Essayez plutôt d’ouvrir la discussion.
Vous pouvez demander ce que la personne a particulièrement apprécié, si quelque chose l’a surprise, si elle s’est sentie suffisamment informée avant et pendant la séance, si un moment lui a paru moins confortable ou encore ce qu’elle changerait si elle devait refaire cette expérience.
Une question me semble particulièrement intéressante :
“Si vous deviez raconter cette séance à quelqu’un qui ne connaît pas cette pratique, qu’est-ce que vous lui diriez ?”
La réponse vous permet de découvrir les mots qu’une personne extérieure à votre métier utilise spontanément pour parler de votre prestation.
Et ces mots ne seront pas forcément les vôtres.
3. Apprenez aussi à recevoir les réponses qui vous plaisent moins...
Demander un retour n’est utile que si vous acceptez réellement d’en recevoir un.
Une remarque sur la température de la pièce, votre manière d’expliquer une consigne, une position inconfortable ou une impression de séance trop courte n’est pas nécessairement une critique de votre compétence. C’est une information.
Tous les retours ne doivent évidemment pas entraîner une modification de votre pratique. Une personne peut avoir une préférence très personnelle qu’une autre ne partagera pas. Mais lorsqu’une même remarque revient plusieurs fois, elle mérite votre attention.
Au fil de vos entraînements, vous pourrez ainsi commencer à distinguer l’anecdote d’un élément récurrent.
4. Vos premiers retours vous apprennent aussi à "penser client" !
Vous connaissez progressivement votre technique de l’intérieur. La personne qui la reçoit la découvre de l’extérieur. Cette différence de regard est extrêmement précieuse.
Vous pouvez penser avoir parfaitement expliqué votre séance et découvrir que la personne n’avait pas compris un élément essentiel. Vous pouvez être très fier d’une partie techniquement complexe alors que ce qu’elle retient surtout est votre qualité d’accueil.
Votre client ne vit pas votre prestation avec vos yeux de praticien.
Prendre l’habitude d’écouter son expérience dès la formation vous aidera plus tard à
construire une activité réellement pensée pour les personnes que vous souhaitez recevoir.
5. Quand un retour peut-il devenir un témoignage ?
Certaines personnes vous feront spontanément un retour particulièrement intéressant. Vous pourrez alors leur demander si elles acceptent que tout ou partie de leurs propos soit utilisé comme témoignage.
Ne considérez pas qu’un commentaire formulé dans un échange privé est automatiquement publiable. Demandez l’autorisation de la personne, précisez où vous envisagez de publier son témoignage et convenez avec elle de la manière dont elle souhaite être identifiée.
Évitez également de transformer ses propos. Corriger une faute ou raccourcir légèrement un texte avec son accord est une chose ; lui faire dire ce que vous auriez aimé qu’elle dise en est une autre.
Et soyez particulièrement vigilant avec les formulations relatives à la santé. Un témoignage relatant le ressenti d’une personne ne doit pas devenir, par sa sélection ou sa mise en avant, une promesse générale de résultat.
6. N'attendez pas votre installation pour apprendre à écouter.
L’intérêt principal de cette démarche n’est donc pas de terminer votre formation avec une collection de compliments prêts à publier. C’est d’avoir appris à écouter ce que les personnes vivent réellement lorsqu’elles passent entre vos mains.
Lorsque vous serez installé, cette habitude vous permettra de continuer à améliorer votre pratique et votre organisation.
Et quelques témoignages authentiques recueillis avec l’accord de leurs auteurs pourront également vous aider à présenter votre activité à ceux qui ne vous connaissent pas encore.
À retenir
Pendant votre formation, cherchez d’abord à comprendre l’expérience réellement vécue par les personnes auprès desquelles vous pratiquez.
Les témoignages viendront ensuite, lorsqu’un retour mérite d’être partagé et que son auteur vous autorise à le faire.
Les compliments rassurent. Les retours vous font progresser.
Les prochains pas... pour aller plus loin !
Le premier pas
À votre prochaine séance d’entraînement, remplacez :
« C’était bien ? » par trois questions :
Qu’avez-vous particulièrement apprécié ?
Y a-t-il quelque chose que je pourrais améliorer ?
Comment décririez-vous cette expérience à quelqu’un qui ne la connaît pas ?
Puis écoutez sans chercher immédiatement à expliquer ou justifier vos choix.
L'Atelier des praticiens
Passez de la réflexion à la mise en œuvre
Se poser les bonnes questions, disposer d’informations fiables et comprendre les étapes à suivre sont essentiels pour construire son activité professionnelle.
Mais c’est dans la mise en application que le projet prend réellement forme.
Faire ses choix, définir ses priorités, prendre des décisions, organiser ses actions et avancer dans le temps. C’est souvent la partie la plus stimulante… et aussi la plus difficile à mener seul.
L’Atelier des praticiens est conçu pour mettre le parcours au travail sur votre propre projet.
Vous y trouverez une démarche structurée, des exercices et des outils concrets pour transformer progressivement vos réflexions en décisions, puis vos décisions en actions.
Vous pourrez ainsi construire, structurer et planifier votre projet, à votre rythme, avec la possibilité d’être accompagné lorsque vous en ressentez le besoin.
L’objectif : ne pas seulement savoir quoi faire, mais parvenir à le faire, étape après étape.




