Le Code de la santé publique réserve les actes médicaux et paramédicaux aux professionnels diplômés. En effet, l’article L. 4161‑1 CSP interdit à toute personne non titulaire du diplôme de médecin d’”établir un diagnostic ou traiter des maladies“.
De même, seul le kinésithérapeute diplômé peut pratiquer des massages à visée thérapeutique : la loi de 2016 a d’ailleurs retiré toute mention du “massage” de l’article L.4321‑1 CSP, limitant le kiné à la rééducation des troubles du mouvement.
La Cour de cassation a confirmé que seuls les massages à visée médicale (therapeutique) relèvent du monopole du kiné : les massages non thérapeutiques (“de bien-être“) en sont explicitement exclus.
Affirmer qu’un service “guérit des maladies” ou détient des vertus curatives relève d’une pratique commerciale interdite.
Ces infractions (pratique trompeuse) sont sanctionnées pénalement : jusqu’à 2 ans de prison et 300000€ d’amende (750000€ et 5 ans si publicité en ligne).
La FFMBE rappelle que le massage bien-être est un acte de détente sans visée médicale. À l’inverse, un praticien du bien-être n’est “pas et ne sera jamais un professionnel de santé” et ne doit pas user d’un vocabulaire de soin réservé aux médecins.
En pratique, la DGCCRF et les syndicats ont constaté de nombreux manquements chez les micro-entrepreneurs du bien-être (2/3 des contrôlés) : défaut d’information, promesses trompeuses, abus de titres ou de termes médicaux. Ainsi, des professionnels du bien-être ont été sanctionnés de plus de 400 avertissements et plus de 40 injonctions pour usage illégal de termes médicaux.
En résumé : seuls les kinés diplômés peuvent parler de “massage thérapeutique” ou utiliser des termes médicaux. Un praticien bien-être doit opérer en évitant toute confusion : il ne fait pas de diagnostic ni ne revendique de guérison, et son discours privilégie la détente et le mieux-être.
La FFMBE défend une vision structurée et professionnelle du métier, qui dépasse largement l’idée d’une simple prestation de détente. Elle promeut un intitulé métier intégrant trois dimensions complémentaires : le massage de prévention, d’accompagnement à la santé et de bien-être.
Ce positionnement vise à clarifier la place du praticien dans la société, tout en respectant strictement le cadre légal français.
Le socle du métier reste le massage de bien-être, défini comme une pratique visant :
Cette dimension est juridiquement sécurisée dès lors qu’elle évite toute ambiguïté avec le champ thérapeutique.
La notion de prévention, dans le positionnement de la FFMBE, ne doit pas être comprise au sens médical (prévention des maladies), mais comme une contribution au maintien de l’équilibre global de la personne.
Il s’agit notamment de :
Le praticien agit ici comme un acteur du bien-être durable, sans jamais revendiquer un rôle sanitaire.
La FFMBE utilise également la notion d’accompagnement à la santé, qui peut prêter à confusion si elle n’est pas clairement définie.
Dans ce cadre, il s’agit :
Cet accompagnement repose sur une posture professionnelle claire :
Le positionnement de la FFMBE repose sur un équilibre essentiel :
Cet équilibre est fondamental :
Ce terme en soi est désormais libre : on peut proposer un “massage bien-être” sans violer la loi, pourvu que ce ne soit pas présenté comme un acte thérapeutique. La loi de 2016 a exclu les massages non médicaux du monopole des kinés. En revanche, “massage thérapeutique” est à proscrire (réservé aux kinés). On peut élargir le champ lexical avec les intitulés “relaxation”, “détente” ou “confort corporel”.
Le titre masseur-kinésithérapeute est réglementé et l’usage du mot “masseur” seul est considéré comme un titre professionnel attaché au kinésithérapeute.
L’article 433‑17 du Code pénal punit d’un an de prison et 15 000 € d’amende “l’usage, sans droit, d’un titre attaché à une profession réglementée“.
En pratique, il vaut mieux éviter “masseur/masseuse” et privilégier “praticien en massage bien-être” (terme générique non protégé).
La FFMBE elle-même nomme la profession “praticien/praticienne en massage bien-être“. Termes recommandés.
Autorisé et même conseillé car explicitement non médical. C’est le cœur de l’activité.
Ce néologisme anglophone est souvent associé à des massages thérapeutiques. Il n’existe pas en droit français. Son usage fait penser à une approche médicale et pourrait être interprété comme usurpation du titre de kiné ou pratique illégale. À éviter.
Le terme « thérapeute » est juridiquement problématique dans le champ du bien-être. Pour la DGCCRF, ce mot est directement associé, dans sa définition même, aux professions médicales et paramédicales, c’est-à-dire à des personnes qui soignent des maladies.
Son utilisation dans la communication d’un professionnel du bien-être est donc susceptible de créer une confusion avec le champ médical, ce qui constitue une pratique commerciale trompeuse au sens du Code de la consommation (articles L.121-2 à L.121-4). En particulier, est interdit tout élément de communication pouvant laisser croire qu’une prestation est de nature à guérir ou traiter des troubles.
Dans ce contexte, l’usage du terme “thérapeute” (ainsi que “thérapie“) doit être considéré comme strictement interdit dans tous les supports de communication.
Au-delà du risque de sanction pour pratique trompeuse, cette utilisation peut exposer à des poursuites pour exercice illégal de la médecine, passible de sanctions pénales.
Cette interdiction s’inscrit dans un principe plus large :
le praticien en bien-être ne relève pas du champ du soin et ne peut en adopter ni le vocabulaire ni les codes.
Recommandations :
Parler de “soin” évoque un acte de santé réservé aux professionnels, comme dans “soins infirmiers”;-). Mieux vaut dire “séance”.
“Soin énergétique” est toléré si précisé “non médical”, mais reste sensible. Préférer “séance énergétique”, “technique énergétique de bien-être”.
Terme médical par excellence. On n’écrit pas que l’on reçoit en “consultation“. On parle de “séance de massage“, de “rendez-vous“, d'”entretien préliminaire“.
Exclusivement employé pour les actes de médecine. Dans le contexte bien-être, on doit dire “client“. L’usage de “patient” ou “patientèle” est déconseillé.
L’article L. 4161‑1 CSP interdit à quiconque non médecin d’établir un diagnostic. Un praticien bien-être peut recueillir des informations via un questionnaire, mais ne parle pas de “diagnostic corporel“. On dira plutôt “bilan de la situation” ou “questionnaire de santé“.
Termes médicaux. Evitez. Préférer “entretien“, “recueil d’informations“, “questionnaire“.
Connotation thérapeutique. Dire “gestion“, “soutien“, “accompagnement” plutôt que “traitement“. Par exemple, on dira “gestion du stress” au lieu de “traitement du stress“.
Strictement interdits dans la publicité. Ce sont des termes réservés aux professionnels de santé. Un praticien bien-être ne peut promettre ni de “guérir” ni de “soigner“, et ne doit pas évoquer le “soulagement des douleurs” sans être en mesure de prouver ses dires (via une étude scientifique). On parlera plutôt de “détente“, “apaisement des tensions“, “confort corporel“.
Prudence. Il est possible de mentionner des douleurs musculaires, tensions, stress, fatigue que la clientèle cherche à soulager, mais sans promettre de guérison.
Terme recommandé. On peut accompagner le client dans sa relaxation ou son équilibre, c’est neutre et sans risque.
Termes recommandés. Ils décrivent l’effet recherché sans connotation médicale.
éviter. L’emploi du mot “médecine” tend à confondre avec la médecine conventionnelle. Préférer des termes comme “approche naturelle“, “méthodes alternatives” en précisant toujours l’aspect bien-être et sans promesse de guérison.
Ce titre est légalement réservé aux professions réglementées. Un praticien bien-être ne peut se dire “praticien de santé” ou “professionnel de santé” car cela induirait à tort qu’il possède un statut médical.
Les principaux risques encourus sont :
Un peu de vocabulaire administratif : La DGCCRF distingue l'”avertissement“, qui signale une non-conformité à corriger, et l'”injonction“, qui impose une mise en conformité dans un délai donné, sous peine de sanction.
Toujours préciser votre rôle sans anglicismes ou titres protégés. Exemples : “Praticien en massage bien-être“, “Technicien en massages relaxants“. Évitez “masseur“, “thérapeute” si vous n’avez pas le titre légal. Mentionnez clairement que vous n’êtes pas médecin : par exemple “Mes prestations de bien-être ne remplacent aucun traitement médical“.
Pour chaque massage, mettez en avant la technique et l’objectif non médical (détente, relaxation, confort musculaire). Par exemple : “Séance de massage californien : mouvements lents pour favoriser la détente et l’assouplissement musculaire“. N’écrivez pas “massage thérapeutique“, mais plutôt “massage relaxant“.
Parlez d’effets généraux bénéfiques (relâchement des tensions, sensation de bien-être, énergie restaurée) sans jamais promettre de guérison. Ex. : “Ce massage vise à améliorer la circulation sanguine locale et à procurer une profonde détente“. Ne dites pas “soulage les douleurs“, on préférera “atténue les tensions” ou “favorise la détente musculaire“.
Expliquez votre parcours sans utiliser de titre médical. Présentez le massage comme un art manuel, mentionnez votre formation en bien-être. Par exemple : “Certifié d’une école de massage bien-être, je propose des prestations de détente corporelle “.
Insérez une mention claire : par exemple “Les massages proposés ne sont pas des actes médicaux. Ils ne se substituent en aucun cas à un avis, un diagnostic ou un traitement d’un professionnel de santé“.
Si pertinent, énumérez les contre-indications générales (grossesse à risque, fièvre, cancers, plaies, infections, etc.). Exemple : “Contre-indiqué en cas de maladie infectieuse, fièvre, phlébite… Consultez votre médecin en cas de doute“.
Montrez votre professionnalisme : si un client a un doute ou un problème de santé, orientez-le. Exemple : “En cas de douleur persistante ou de pathologie connue, nous vous conseillons de demander l’avis d’un professionnel de santé“. Cela rassure le client et distingue nettement votre pratique de l’exercice médical.
Exemple de formulation : “Cette prestation de massage bien-être ne remplace pas un avis, un diagnostic ou un traitement médical. Le massage proposé vise la détente, le confort corporel et le mieux-être. En cas de doute, de douleur persistante ou de pathologie connue, veuillez consulter un professionnel de santé.“
En résumé, un praticien de massage bien-être français doit adopter un discours neutre et exempt de termes médicaux. Il peut librement utiliser « massage » et promouvoir la relaxation et le confort corporel, à condition de ne jamais franchir la ligne des soins médicaux. Les termes évoquant diagnostics, traitements, guérisons ou professions de santé sont interdits. À l’inverse, des mots comme « relaxation », « détente », « mieux-être » sont sûrs et recommandés. En cas de doute ou de symptôme grave, le praticien doit inviter le client à consulter un médecin.
Distinction essentielle :
Ce guide juridique et pédagogique vise à aider les professionnels du massage bien-être à communiquer en toute légalité : précautions de vocabulaire, formulations alternatives et bonnes pratiques contribueront à protéger leur activité tout en offrant au public un service clair et transparent. Les praticiens doivent relire attentivement leurs supports (site, flyers, devis, etc.) à l’aide de la checklist ci-dessus pour s’assurer de leur conformité légale. Les exemples de cas pratiques illustrent les erreurs courantes à corriger. Enfin, en cas de besoin, n’hésitez pas à demander conseil à un professionnel du droit pour valider votre communication.
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Le Livre blanc pour la reconnaissance et l’encadrement des professions du massage dresse l’état des lieux du massage professionnel en France aujourd’hui.
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A compléter
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