Se former sérieusement, maîtriser sa pratique, respecter son cadre professionnel : tout cela contribue à un exercice professionnel du métier de praticien.
Mais le futur client ne voit pas tout cela. Avant de prendre rendez-vous, il ne peut généralement pas évaluer votre maîtrise technique. Il ne sait pas encore comment vous accueillez, comment vous pratiquez ni comment il se sentira après une séance.
Il doit pourtant prendre une décision. Pour cela, il observe ce qui est à sa portée : votre manière de présenter votre activité, vos prestations, vos tarifs, vos photos, vos avis, votre lieu d’exercice, vos réponses à ses questions, votre façon de parler de votre métier…
À partir de ces éléments, il se construit une impression : Est-ce que je comprends ce que cette personne propose ? Est-ce que cela correspond à ce que je cherche ? Est-ce que cela semble sérieux ? Vais-je me sentir à l’aise ? Puis-je lui faire confiance ?
Cette perception extérieure de votre activité est fondamentale.
Et apprendre à l’observer constitue l’une des compétences professionnelles que vous utiliserez le plus souvent.
Objectif : apprendre à regarder son activité du point de vue du futur client, à identifier les signes qui inspirent confiance, ou au contraire créent du doute, et à comprendre comment réduire les freins qui peuvent empêcher une prise de rendez-vous.
Public : cette fiche concerne tous les professionnels du bien-être et des approches complémentaires
Être professionnel et être perçu comme professionnel.
Vous pouvez avoir suivi une excellente formation, pratiquer avec beaucoup de sérieux et posséder de solides compétences sans que cela soit immédiatement perceptible par quelqu’un qui ne vous connaît pas.
Inversement, une communication très soignée ne garantit évidemment pas la compétence du praticien.
Il existe donc une différence importante entre être professionnel et donner au futur client suffisamment d’éléments pour percevoir ce professionnalisme.
Ce ne sont pas nécessairement des signes spectaculaires. Un cabinet luxueux ne fait pas le professionnel, pas plus qu’un logo coûteux, un site internet sophistiqué, une blouse blanche ou plusieurs milliers d’abonnés sur Instagram.
Les signes les plus rassurants sont souvent beaucoup plus simples :
clarté, cohérence, fiabilité, maîtrise du cadre, facilité de contact et absence de mauvaises surprises.
C’est ce que votre futur client va rechercher.
Mettez-vous dans la peau de quelqu'un qui ne sait rien de vous.
C’est un exercice difficile, car lorsque vous connaissez parfaitement votre activité, beaucoup de choses vous semblent évidentes. Vous savez ce qu’est un massage californien, une réflexologie plantaire ou une séance de sophrologie. Vous connaissez la différence entre vos différentes prestations. Vous savez où se trouve votre cabinet, comment s’y garer, comment se déroule une séance et pourquoi vous avez choisi telle durée plutôt qu’une autre.
Votre futur client, lui, ne sait peut-être rien de tout cela. Et plus il doit chercher, interpréter ou deviner, plus vous lui demandez un effort. C’est là qu’apparaissent les premiers freins à la prise de rendez-vous.
Un frein n’est pas nécessairement une objection clairement formulée. Le futur client ne se dit pas forcément “Je refuse de prendre rendez-vous parce que les informations concernant cette prestation manquent de clarté”, il peut simplement fermer la page, poursuivre sa recherche, demander une autre adresse à un ami… ou remettre sa décision à plus tard.
Avant de choisir un praticien, le client cherche d'abord à réduire ses incertitudes.
Imaginez quelqu’un qui découvre votre activité pour la première fois, par exemple en regardant la page d’accueil de votre site internet. Il peut se poser, consciemment ou non, de nombreuses questions :
- Qui est cette personne ?
- Est-ce vraiment son métier ?
- Qu’est-ce qu’elle propose exactement ?
- Est-ce adapté à ma situation ?
- Combien cela coûte ?
- Où vais-je devoir me rendre ?
- Comment va se dérouler la séance ?
- Vais-je me sentir à l’aise ?
- Est-ce que d’autres personnes lui ont déjà fait confiance ?
- Est-ce facile de prendre rendez-vous ?
- Et si finalement cette prestation ne correspond pas à ce que j’imaginais ?
Certaines interrogations sont rationnelles. D’autres relèvent davantage du ressenti. Mais toutes interviennent dans sa décision.
Le rôle de votre communication n’est donc pas seulement de faire connaître votre activité ou de donner envie.
Elle sert également à réduire suffisamment l’incertitude pour permettre au client de décider.
Cette idée sera utile chaque fois que vous aurez à concevoir quelque chose destiné à vos clients.
Premier regard : "Est-ce que je comprends à qui j'ai affaire ?"
Avant même de juger votre prestation, le futur client cherche généralement à comprendre votre activité. Un nom, quelques mots de présentation, une fiche Google, un site, une page sur un annuaire ou un réseau social lui permettent de commencer à se faire une idée.
Plusieurs éléments peuvent le rassurer :
- une activité clairement identifiable ;
- une présentation compréhensible ;
- un lieu d’exercice ou une zone d’intervention clairement indiqués ;
- des coordonnées faciles à trouver ;
- des informations suffisamment récentes ;
- des photos cohérentes avec l’activité présentée ;
- une identité relativement constante d’un support à l’autre.
Aucun de ces éléments ne prouve à lui seul votre compétence, mais leur ensemble envoie un premier signal :
cette activité existe réellement, elle est organisée et je comprends à peu près à qui j’ai affaire.
À l’inverse, des informations contradictoires, une page abandonnée depuis plusieurs années, une activité impossible à identifier ou des coordonnées difficiles à trouver introduisent du doute.
Les signaux qui peuvent faire hésiter ou renoncer.
Il est assez naturel, lorsqu’on construit son activité, de réfléchir à ce qui pourrait donner envie : une belle présentation, de bonnes photos, une offre intéressante, des témoignages… Mais on pense beaucoup moins souvent à rechercher ce qui pourrait empêcher quelqu’un d’acheter.
Pourtant, enlever un frein peut parfois être plus efficace qu’ajouter un nouvel argument.
Parmi les éléments susceptibles de créer de l’incertitude figurent par exemple :
- une activité difficile à comprendre,
- des tarifs ambigus,
- des informations contradictoires,
- des promesses excessives,
- une frontière floue avec les professions de santé,
- un vocabulaire incompréhensible,
- une communication très éloignée de l’expérience réellement proposée,
- ou encore des modalités de contact compliquées.
Certains signaux sont plus subtils. Par exemple, une communication presque exclusivement centrée sur le praticien (son parcours, ses formations, ses convictions, sa méthode) peut ainsi oublier progressivement la personne à laquelle elle est destinée. De même, vouloir tellement démontrer son expertise peut conduire à multiplier les explications techniques jusqu’à rendre la prestation moins compréhensible.
C’est un exercice à la fois passionnant et difficile, d’autant plus qu’il n’existe pas une liste universelle de ce qui rassure ou dissuade. Un même élément peut être apprécié par un public et laisser un autre indifférent. Par exemple, certains clients apprécient un site internet sobre sur lequel ils trouvent rapidement l’information recherchée, quand d’autres se rassurent en prenant le temps de lire toutes les descriptions et explications !
La bonne question reste :
Que peut comprendre, ressentir et craindre la personne à laquelle je m’adresse ?
Attention à ne pas confondre professionnalisme et apparence professionnelle.
En lisant ces informations, vous pourriez être tenté de vouloir immédiatement “faire plus professionnel” : acheter un logo, faire réaliser un site, louer un beau cabinet, organiser une séance photo, créer cinq comptes sur les réseaux sociaux, etc.
Ce n’est pas le sujet. Vous pouvez posséder tout cela et laisser votre futur client dans le flou.
À l’inverse, une activité encore modeste peut inspirer beaucoup de confiance parce qu’elle est présentée simplement, que les informations sont fiables, que le cadre est clair et que le praticien tient ses engagements.
Le professionnalisme ne consiste pas à paraître plus important que l’on est.
Il consiste notamment à rendre visible le sérieux avec lequel on exerce réellement son activité.
"Penser client" : une habitude à prendre très tôt.
Cette fiche de l’étape 1 “Clarifier son projet d’activité” ne vous demande donc pas encore de construire votre communication. Vous aurez largement le temps de travailler votre offre, votre positionnement, votre site internet, votre fiche Google, vos réseaux sociaux, vos avis clients ou vos outils de fidélisation.
Mais toutes ces décisions auront un point commun, vous pourrez les regarder de deux façons :
- La première consiste à vous demander : “Qu’est-ce que j’ai envie de faire ?“
- La seconde ajoute une autre question : “Comment cela sera-t-il compris et vécu par mon client ?“
C’est précisément la confrontation entre les deux qui permet de construire et de rendre lisible une activité professionnelle cohérente.
Il vous faut “penser client” :
- Lorsque vous définirez vos prestations,
- lorsque vous choisirez vos mots,
- lorsque vous fixerez vos tarifs et déciderez comment les présenter,
- lorsque vous construirez votre site,
- lorsque vous publierez sur les réseaux sociaux,
- organiserez votre prise de rendez-vous,
- ou aménagerez votre cabinet.
Sortez régulièrement de la peau du praticien qui connaît parfaitement son activité pour entrer dans celle de la personne qui la découvre.
Cette habitude vous évitera probablement beaucoup plus d’erreurs que n’importe quelle recette de communication.
Les prochains pas... pour aller plus loin !