Lorsqu’on souhaite augmenter ses revenus, le premier réflexe est souvent de chercher davantage de clients, d’ouvrir de nouveaux créneaux ou d’ajouter des prestations.
Pourtant, votre temps n’est pas extensible. Et multiplier les rendez-vous n’est pas toujours souhaitable dans des métiers qui sollicitent autant le corps que l’attention.
Il existe d’autres possibilités : récupérer du temps perdu, mieux valoriser certaines prestations, fidéliser sa clientèle, proposer des formats collectifs ou réutiliser un travail déjà réalisé.
L’enjeu n’est pas de promettre des revenus supplémentaires sans effort, mais :
d’améliorer progressivement ce que votre activité vous rapporte, sans augmenter votre charge de travail ni compromettre la qualité de vos accompagnements.
Objectif : comprendre pourquoi l'augmentation du chiffre d'affaires ne se traduit pas nécessairement par une amélioration du revenu, et découvrir comment agir sur l'organisation, les tarifs, la fidélisation ou les formats de prestations pour mieux valoriser son temps de travail, sans compromettre la qualité de ses accompagnements ni son équilibre personnel.
Public : tous les futurs praticiens du bien-être et des approches complémentaires.
Avant de chercher de nouveaux revenus, cherchez les "fuites".
Vous développer votre revenu, vous pourriez être tenté de créer des ateliers, proposer des abonnements, intervenir en entreprise ou concevoir une formation en ligne. Ces pistes peuvent être pertinentes. Mais pas nécessairement tout de suite.
Il existe souvent un potentiel de développement à l’intérieur même de l’activité actuelle.
Regardez par exemple votre dernier mois d’activité :
- Combien de rendez-vous ont été annulés trop tard pour être remplacés ?
- Combien de temps avez-vous consacré aux déplacements ?
- Combien d’heures avez-vous passées à gérer manuellement votre agenda ou à répondre toujours aux mêmes demandes ?
- Certaines prestations mobilisent-elles beaucoup de temps pour une rentabilité finalement faible ?
Les rappels de rendez-vous, la réservation en ligne, la possibilité d’annuler facilement ou encore les listes d’attente peuvent notamment contribuer à réduire les créneaux perdus et le temps consacré à la gestion de l’agenda.
L’objectif n’est donc pas d’automatiser votre activité à tout prix, il est d’abord de supprimer les pertes inutiles de temps et de valeur.
Quand votre agenda se remplit, votre stratégie doit évoluer.
Un praticien qui dispose encore de nombreux créneaux libres n’a pas le même problème qu’un praticien complet plusieurs semaines à l’avance. Au démarrage, la priorité reste généralement de faire connaître son activité et de construire une clientèle suffisante.
Lorsque l’activité progresse, d’autres questions apparaissent :
- Les clients reviennent-ils ?
- Certains rendez-vous sont-ils régulièrement perdus ?
- Le prix des prestations est-il toujours cohérent ?
- L’organisation de l’agenda est-elle efficace ?
Et lorsque vous approchez de votre capacité maximale soutenable, continuer à ajouter des rendez-vous n’est plus nécessairement souhaitable.
Il devient alors plus intéressant de travailler sur la valeur créée par chaque heure.
C’est notamment à ce moment qu’une évolution des tarifs peut devenir pertinente.
Non parce qu’il faudrait systématiquement « augmenter ses prix », mais parce qu’un tarif doit rester cohérent avec vos coûts, votre niveau de demande, votre expérience, votre positionnement et la valeur perçue par vos clients.
Créer de la valeur pour plusieurs personnes dans un même temps.
Le modèle économique change également lorsque votre pratique permet de passer d’une relation exclusivement individuelle à un format collectif. Un atelier de relaxation, de respiration ou de gestion du stress peut par exemple réunir plusieurs participants.
Votre heure n’est alors plus vendue à une seule personne : elle crée simultanément de la valeur pour plusieurs personnes.
Cela ne signifie pas qu’un atelier collectif soit automatiquement plus rentable. Il faut intégrer le temps de préparation, la recherche des participants, la location éventuelle d’une salle et l’administration. Un atelier long à concevoir et animé une seule fois peut même être moins intéressant que des rendez-vous individuels.
Il devient en revanche beaucoup plus pertinent lorsque le même contenu peut être utilisé plusieurs fois.
Produire une fois, utiliser plusieurs fois.
Il existe enfin une autre façon de sortir progressivement du modèle « une heure travaillée = une heure vendue » :
capitaliser sur ce que vous avez déjà produit.
Un support d’atelier, un questionnaire d’accueil, une présentation destinée aux entreprises, un guide remis aux clients, une séquence d’e-mails ou une vidéo explicative peuvent être utilisés plusieurs fois.
Cela ne crée pas pour autant un mystérieux « revenu passif ». Il a fallu du temps pour produire ces ressources. Elles doivent parfois être actualisées et diffusées.
L’intérêt économique apparaît lorsque le même travail peut servir plusieurs fois sans devoir être entièrement recommencé.
Avant de créer une nouvelle ressource, posez-vous donc cette question :
Combien de fois pourrai-je raisonnablement la réutiliser ?
Cinq façons de créer davantage de valeur.
Plutôt que de chercher immédiatement de nouvelles sources de revenus, vous pouvez finalement examiner votre activité à travers cinq verbes :
- Récupérer : réduire les créneaux perdus, les annulations, les déplacements inutiles et le temps administratif.
- Valoriser : revoir lorsque nécessaire vos tarifs, votre positionnement ou certaines prestations.
- Mutualiser : créer de la valeur pour plusieurs personnes dans un même temps, par exemple avec un atelier ou une intervention en entreprise.
- Réutiliser : capitaliser sur un travail déjà effectué plutôt que repartir systématiquement de zéro.
- Simplifier : supprimer, réorganiser, automatiser ou éventuellement déléguer ce qui consomme inutilement votre temps.
En conclusion
Pour savoir si votre activité progresse réellement, trois dimensions doivent donc évoluer ensemble :
Revenu — Temps — Soutenabilité.
Votre revenu horaire progresse-t-il ? Votre temps de travail reste-t-il maîtrisé ? Votre activité reste-t-elle compatible avec votre santé, votre qualité de vie et la qualité de vos prestations ?
C’est à cette condition que l’on peut véritablement parler de développement durable de son activité.
Ne cherchez pas d’abord à travailler plus, ni même à vendre plus. Cherchez à créer davantage de valeur avec le temps que vous avez choisi de consacrer à votre activité.